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Titre du blog : Adon: une Histoire
Auteur : adon45
Date de création : 07-08-2011
 
posté le 19-08-2011 à 18:37:54

 

 L'époque Gallo Romaine (2)

 

 

 

Adon: Statuette de Venus (3eme Siècle) En 1982, Messieurs Richard et Peot, trouvent à Adon, au cours d'une fouille archéologique dans la berge d'un ruisseau recalibré (sic), une statuette en terre cuite représentant Vénus. Selon les archéologues, il s'agissait d'une statuette provenant de florissants ateliers situés dans la région de Vichy, dans l'Allier, aux 2eme et 3eme siècles. Ces statues étaient utilisées pour garnir des autels domestiques, des sanctuaires, des sépultures, mais pouvaient également servir d'ornement dans les maisons, voire de jouet pour les enfants.(1)

 

 

 

 

 

 

Mosaiques romaines à Pontchevron

Non loin de là, à Ouzouer sur Trézée, après une première découverte fin XIXe, l'abbé Gitton a mis à jour en 1962 deux très belles mosaïques Gallo romaines. Situés sur les terres du château de Pontchevron, ces vestiges relativement bien conservés ont fait l'objet d'une étude détaillée par Henri Stern.(2) . En faisant des recoupements avec d'autres mosaïques sur d'autres sites, notamment Pompéi, Nîmes et Lyon, il a  pu en déterminer la période d'exécution, aux environs de 160 après JC  

 

 

Sur le site de La Bussière,  Mr André Rebiscoul (3) nous fait un résumé fort intéressant de l'exploitation des mines de fer Gallo romaines:

 

« A La Bussière, Le centre sidérurgique antique des "Ferrys", a livré tous les éléments de la chaîne opératoire : de la mine au lingot de fer. De très nombreux puits de mines desservaient des galeries destinées à exploiter les oxydes de fer localisés dans les argiles éocènes. L'état exceptionnel de conservation de tous les bois, servant à étayer les puits et les galeries, apporte un éclairage totalement neuf sur ces exploitations souterraines en contexte sédimentaire. Les fours de réduction du fer sont du type II, reconnu sur la fouille des "Clérimois". Les produits de la réduction étaient affinés et mis en forme dans de petits foyers de forge aménagés dans le sol. Cette activité sidérurgique s'inscrit dans un paysage humanisé, ouvert, où se rencontrent les cultures céréalières mais aussi la vigne et le chanvre. Dans ce paysage, ces exploitations occupent des espaces parfaitement délimités par un système de fossés qui conditionne aussi bien les exploitations minières que les déchets de réduction, très probablement en relation avec la gestion administrative de ces exploitations. »

« La production de fer sur le site est reconnue, par la fouille, de la Tène ancienne jusqu'au Moyen Age. De la Tène ancienne(a), a été mis au jour un ensemble de fossés et de fosses dont les comblements ont livré un lot de céramiques de cette période. Dans le voisinage immédiat se trouvait un four de réduction à scorie piégée sur lequel a été pratiquée une datation radiocarbone qui a confirmé la contemporanéité avec les structures domestiques voisines.

A la période gallo-romaine, cette sidérurgie est à son apogée ; elle connaît un essor particulier entre le premier et le troisième siècle de notre ère (datation reposant sur les nombreuses céramiques rencontrées dans la fouille) qui a pour conséquence la constitution de grands ferriers. Pour celle-ci, ont été mis au jour tous les éléments de la chaîne opératoire : de la mine jusqu'au lingot de fer.  

        

La céramique recueillie dans les puits de mine démontre que cette sidérurgie est encore très active au XIe siècle et se traduit par de nombreux creusements de puits de mine at par la production de déchets de réduction qui se superposent aux ferriers de la période gallo-romaine. Cette activité se déroule alors sur le terroir du château de la Bussière (XIIIe siècle)qui fut précédé par l'aménagement d'une motte féodale, contemporaine de ces exploitations. Il se peu d'ailleurs que cette implantation trouve ici sa justification. »

 

(a) La Tène ou Second âge du fer, est une période succédant au Hallstatt et marquant la fin de la Protohistoire,de  -400 à -300 avant JC, donc celtique.

 

 

 

Ce sont d'ailleurs les déchets de réduction de ces mines de fer dont la mémoire semblait avoir été perdue à cette époque qui ont inspiré Vaysse de Villiers en 1812 pour sa description (4) peu flatteuse de La Bussière :

 

Chateau de La Bussière

« Au milieu des campagnes infertiles et sablonneuses qui séparent le bassin de Nogent de celui de Briare, se présente un beau château , celui de la Bussière, agréable donjon du quinzième siècle. Il appartenait à la famille d'Ormesson (sic). La route en longe le parc, au milieu duquel le bâtiment s'élève entouré d'une belle pièce d'eau, qu'il faut traverser sur un pont-levis pour y pénétrer. C'est une île déserte pendant la plus grande partie de l'année, le propriétaire actuel ne l'habitant que par intervalles.

 

La Bussière est un lieu dénué de ressource. Peu satisfait de ce hameau lorsqu'il est obligé de s'y arrêter, le voyageur ne l'est pas davantage au départ, en voyant sa voiture décrire deux côtés d'un triangle, parce que la ligne droite aurait traversé l'enclos du seigneur. Il ne tarde pas à être distrait de ce léger mécontentement par la surprise que lui causent les singuliers matériaux employés à l'entretien de la route dans cette partie. Leur couleur noire semble signaler du charbon de terre ou des résidus de forges, ou même des scories volcaniques, si l'on ne savait qu'il n'y a ni houillère, ni mine de fer, ni aucun vestige de volcanisation (sic) dans cette partie de la France. Afin de mieux les examiner je suis descendu de ma voiture, et je me suis convaincu que c'est du vrai mâchefer; j'en ai pris quelques échantillons pour les montrer à M. Vauquelin. Ce savant chimiste a bien voulu en faire l'analyse ; les résultats ont répondu à son attente et à la mienne. Les usines dont ces matériaux indiquent l'ancienne existence, dans une forêt voisine d'où on les extrait, ont dû avoir une grande étendue et une longue durée, pour laisser des dépôts aussi considérables. Cette espèce de mine ou carrière est exploitée pour le même usage, depuis un temps immémorial, sans s'épuiser, ce qui a fait penser aux habitants que c'est un genre de pierre particulière. Le pays est toujours plat et d'un aspect attristant ; le seigle et l'avoine sont les seuls produits de ce sol ingrat, qui triple à peine sa semence.

 

Du haut de la colline qui descend à Briare, on découvre tout à coup comme une nouvelle terre, je dirai presque un nouveau ciel. De riants coteaux de vignes, des plaines non moins riantes, en un mot les bords de la Loire sont le tableau qu'on a sous les yeux, et la contrée qu'on va parcourir, en remontant la rive droite de ce fleuve jusqu'à Nevers. »

 

 

Les souvenirs et vestiges Gallo romains étant très nombreux dans la région, comme d'ailleurs quasiment partout en France, il est impossible de les citer tous.

Mais on ne saurait évoquer l'époque Gallo Romaine sans faire mention des sites très important de Montbouy/Chenevière avec son amphithéâtre et son site thermal, qui ont laissé des traces très importantes de cette époque.

 

 

(1)Le Ministère de la jeunesse, de l'éducation nationale et de la recherche, Direction de l'enseignement supérieur, Sous-direction des bibliothèques et de la documentation  Gallia 1985 Volume 43

Circonscription du Centre A. Ferdière Directeur

 

(2)Stern Henri. Mosaïques de Pont-Chevron près d'Ouzouër-sur-Trézée (Loiret). In: Gallia. Tome 25 fascicule 1, 1967. pp. 49-65

 

(3) Rebiscoul André. Le site paléo métallurgique des "Ferrys", commune de La Bussière (Loiret). In: Revue archéologique de Picardie. N°1-2 2003. Cultivateurs, éleveurs et artisans dans les campagnes de Gaule romaine.. pp. 129-139.

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/pica_0752-5656_2003_num_1_1_2361

 

(4) Description routière et géographique de l'empire Français divisé en quatre régions, Volume 4  Auteur : Vaysse de Villiers (Régis-Jean-François) Publié 1813  Original provenant de la New York Public Library

 

 

 

 

 

Commentaires

Berny le 05-09-2012 à 06:33:32
Félicitation pour ce travail extraordinaire sur Adon,

Je découvre avec ce document de quoi ravir nos amis de passage, qui en passant garderont en mémoire un merveilleux souvenir de notre petit village si agréable ou il fait si bon d'y vivre paisiblement. Ce n est plus pour moi qu un coin perdu dans le Loiret.


Merci et bonne continuation